lundi 7 juin 2010

Redécouverte des cocotiers à corne de Tetiaroa !

En 2006, lors d’une mission scientifique sur l’atoll de Tetiaroa, nous avons appris l’existence sur le motu Onetahi de deux rares cocotiers à corne. Teihotu, le fils de Marlon Brando (à gauche sur la photo), connaissait l'emplacement exact de ces cocotiers. Il pensait que ces cocotiers étaient des uniques au monde ; ils sont effectivement très rares mais une dizaine de cocotiers à corne ont été décrits en Polynésie Française et dans les îles Andaman, au large de l’Inde. Teihotu collectionnait les fruits à corne, et refusait de dévoiler l’emplacement des arbres. Il nous avait donné un fruit à corne, dont j'ai réalisé des photographies. Plutôt que de faire sécher tous les fruits, nous lui avons conseillé de faire germer certains d’entre eux et de les planter. Teihotu a mis ce conseil en pratique.

En 2009, nous avons été informés par la Société Beachcomber SA que les deux cocotiers à corne présent à Tetiaroa avaient été détruits lors de travaux d’extension de la piste d’aéroport liés à la construction du nouvel hotel « Le Brando ». Lorsque cette information nous a été transmise, nous avons immédiatement suggéré que soient recherchés des semences germées de cocotier à corne, qui auraient pu avoir subsisté. Cécile Gaspar, présidente de l'association "Te mana O te Moana", a méné cette recherche et a pu retrouver une dizaine de semences qui ont été transférée en pépinière. Certaines de ces semences ont germé, ce qui  permettait de préserver l’essentiel des gènes pour les générations futures.

En 2010, avec l’aide de Teihotu Brando, le biologiste Nicolas Leclerc a finalement retrouvé bien vivant ces deux cocotiers, juste en bordure de la nouvelle piste d’aéroport. Seul l’un des deux cocotiers produit des fruits à trois cornes bien formées. Nicolas pense que qu’une fraction seulement des noix produites par cet arbre porte des cornes. Nous avons donc pu observer ces arbres, et la récolte des semences se poursuit actuellement.

Voici donc une excellente nouvelle, apprendre que ces raretés botaniques ont finalement été préservées…